Hans était proche de la retraite.
C'était son bar, il l'avait crée il y a 35 ans, il en avait fait un lieu de réconfort et de rencontres, il l'avait rendu un repère pour toute une communauté dans la ville.
C'était sa créature, et il en était profondément fier mais, à ce moment de sa vie, il n'avait qu'une envie: s'en débarrasser et se retirer à la campagne. Terminer ses jours dans la tranquillité des champs, ne plus voir personne, ne plus avoir à s'occuper des factures, des achats, des clients.
Ne plus voir des gens, c'était ça son seul désir.
Ils étaient tous des amis, ses clients, mais pour lui, actuellement, ils n"étaient que des gens. Et il n'avait pas envie de voir des gens.
On avait toujours apprécié en lui sa naturelle propension pour les relations humaines, la facilité des contacts, le caractère accueillant et gentil.
Mais Hans avait enfin compris que ce caractère, n'était pas du tout naturel.
Ce n'était que la proximité de Brigitte, sa femme, qui avait apaisé sa nature rustique et sauvage et qui l'avait rendu agréable aux yeux du monde.
Brigitte l'avait dompté et l'avait transformé.
Mais depuis trois mois désormais, Brigitte était enterrée dans le petit cimetière au bord de la ville. Et depuis, son naturel avait resurgit et lui avait ôte l'envie d'être souriant et gentil.
Hans allait bientôt prendre sa retraite et devenir enfin désagréable.

2 commentaires:
Ah ben quand meme, de nouvelles proses !
Faudrait que je m'y mette aussi !
Bravo, c'est bien ecrit !
Non seulement c'est bien écrit mais c'est une belle histoire. Rectifie dès que tu en auras envie le Ferdinando (sic) pour Pessoa. Bien à toi… et donne-nous signe de vie plus souvent.
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