jeudi, juillet 05, 2007

Le smanie per la villeggiatura 2.



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122.



L'idée de voyager me donne la nausée.

J'ai déjà vu tout ce que je n'avais jamais vu.

J'ai déjà vu tout ce que je n'ai pas vu encore.

L'ennui du constamment nouveau, l'ennui de découvrir, sous la différence fallacieuse des choses et des idées, la permanente idéntité de tout, la similitude absolue de la mosquée, du temple et de l'église, l'identité entre la cabane et le palais, le même corps structurel dans le rôle d'un roi habillé ou d'un sauvage allant tout nu, l'éternelle concordance de la vie avec elle-même, la stagnation de tout ce que je vis.


Les paysages sont des repétitions. Au cours d'un simple voyage en train, je suis partagé, de façon vaine et angoissante, entre mon désintérêt pour le paysage et mon désintérêt pour le livre qui me distrairait, si j'étais différent. J'ai une vague nausée de la vie, et tout mouvement l'accentue encore.

L'ennui ne disparaît que dans les paysages qui n'existent pas, dans les livres que je ne lirai jamais. La vie est pour moi une somnolence qui ne parvient pas jusqu'à mon cerveau. Je le garde libre, au contraire, pour pouvoir y être triste.

Ah, qu'ils voyagnt donc, ceux qui n'existent pas! Pour ceux qui ne sont rien, comme les fleuves, c'est le flux qui doit être la vie. Mais tous ceux qui pensent et qui sentent, tous ceux qui sont vigilants, ceux-là, l'horrible hystérie des trains, des voitures et des bateaux ne les laisse ni dormir, ni être éveillés."


Fernando Pessoa, Le livre de l'intranquillité.


3 commentaires:

Anonyme a dit…

Un plan de voyageur... hésitant...nombriliste peut-être ou pédant!
Il ne termine jamais ses phrases.
Pourquoi voulez-vous qu’il les termine ?…Pour qu’elles aient un sens ??!
La fin n’a jamais généré de sens à quoique ce soit,

La fin est un arrêt frustrant.
La fin est un non sens.


Il n’a jamais cherché à tout terminer.
Ce qui le fascine, c’est de commencer.
Avant de se lancer, il y réfléchi, comme on réfléchi à un dur problème de mathématique ; met les atouts dans son camp, rassemble ce qu’il faut, doucement, sûrement et minutieusement pour le plus beau des départs. Le Départ !

Le reste importe peu ; et ce n’est pas une histoire de longue haleine. Il ne comprend pas lui-même son raisonnement, il ne cherche même pas à l’expliquer, il veut le vivre surtout, le vivre et jouir de tous les départs possibles et imaginables. Il leur trouve une excitation martienne, hors du commun. Un vécu qu’il est le seul à connaître, et qu’il pense revivre avec le départ suivant. Comme si dans sa tête, il voudrait prendre les commencements comme uniques et valable religion. La seule qui donne le droit à toutes les arrivées. Un départ non défini, ne permet-il pas d’aboutir à n’importe quelle destination, pourvu qu’on veuille bien arriver !? Mais ceci, c’est déjà une histoire qui ne l’intéresse pas.

Il ne regardera jamais au fond de vos yeux, sauf s’il vous a dans son sang. Il s’étonne déjà de ceux qui veulent tout comprendre, tout décortiquer, tout deviner en regardant les autres. Lui, avec son regard au fond de vous, il voudrait juste réussir à vous toucher ! Il souhaite laisser la liberté à chacun de pouvoir exprimer son propre fond. Une intimité que ne dévoilerait ni le regard, ni les écrits. Seules la langue et la bouche, par des mouvements sonores dictés du conscient, peuvent ainsi, dévoiler, dire ce que l’on veut. Le dire doucement, en articulant chaque syllabe, pour bien marquer son consentement à exprimer l’idée, le mot, la phrase, peut-être non terminée, du fin fond de sa conscience, pour commencer un débat, qu’il quitterait avant qu’il ne s’achève.

Le doute et l’incertitude, sont ses principaux toniques. Il y trouve matière au perfectionnement, l’essence pour revivre ses départs avec la même émotion, la même surprise de se voir partir et enfin le même rire d’enfant. Il aurait aimé ne jamais grandir pour rester dans le départ biologique, celui qui permet toutes les découvertes, celui qui peut aboutir à toutes les destinations humaines. Vous voyez, on revient déjà à la définition du départ non défini.

Sa vie jusqu’à présent, n’est qu’une quête de l’inaccessible. Ce qu’il n’a pas encore rencontré…il l’attend à chaque nouveau départ. Il s’échauffe rapidement pour un projet, il est certain d’être dans le vrais, d’être arrivé. Hélas, dès que commence la mise en forme du projet, la nostalgie du départ le surprend, au moment où il ne s’attend pas, au moment où il est en route vers une stabilité certaine. Comme si la seule évocation de cet état, lui remet dans son conscient, la laideur de la monotonie, fruit amer de cette stabilité retrouvée. Alors, le bateau s’arrête. Il marque un temps. Il cherche un nord sur sa boussole interne, le nord de ses désirs secrets. L’émotion, l’excitation et le rire d’enfant au moment des départs, l’appellent comme une drogue douce, chaude, apaisante et tumultueuse à la fois, et sans hésiter, il prend un autre billet et laisse tomber le sien dans le souvenirs des jours impossibles.

Personne ne peut le comprendre, personne ne le perçoit.
Il est seul.
On le croit entouré, comblé, n’ayant pas le temps de rêver.
Lui, il rêve plus qu’il ne vit.

Il rêve de rencontres. Il rêve de voyages qui ne finissent jamais. A la limite, il rêverait même à un port d’attache ! Il rêve de ne plus rentrer chez lui. Il rêve d’arrêter de se suffire à lui-même. Il rêve aussi des autres dans sa vie, des oiseaux dans son ciel et de dessins d’enfants sur les murs de sa rue. Il rêve aux champs d’oliviers quand il sort de sa ville, et de part et d’autres de toutes les routes qui ne mènent nul part. Il rêve surtout de ne plus avoir à se demander, si l’humain qu’il rencontre hors des agglomérations, est un frère ou un bourreau. Il rêve aussi à ce que la mort ne prenne jamais le départ : on se fait toujours beau pour partir et elle est trop laide pour se faire belle ! Il rêve d’une personne qui l’attendrait sans jamais se lasser. Il rêve d’amour impossible et de la possibilité d’aimer.

Il voudrait se confondre dans les couleurs de ses tableaux qu’il « accouche » au milieu de la nuit, parfois en deux temps trois mouvements, plus fatigants pourtant que ceux qu’il peint après mûre réflexion. Il aime surtout le vert, mais s’efforce cependant à peindre le bleu. Pour toucher les autres et leur permettre de voyager, en mille et un départs, dans les profondeurs de l’océan purificateur. Le grand bleu est sont plus grand projet, celui qui le guette en ce moment. Il y réfléchi, il rassemble ses pigments. Toutes les nuances sont sous ses yeux. Secrètement, il les admire, les caresse du regard, voit encore s’ils méritent qu’on s’attèle pour un nouveau départ.

Il ne connaît pas la peur de l’échec. Il ne peut jouir du succès qui peut, tel un traître, lui barrer la route et sonner dans son oreille, le tintement de l’arrivée : belle et inconsciente du temps qu’on met et des sacrifices qu’on laisse sur sa route, pour la toucher ! Il ne l’aime pas. Elle freine toutes les bonnes volontés de tous les bons départs. Elle ouvre le bal à toutes les compétitions, à tous les coups bats et à toutes les violations du permis pour une seule et unique raison….arriver.

Le bleu dont il rêve, serait alors le résultat d’une réconciliation entre couleurs chaudes et couleurs froides, entre le vert et toutes les couleurs de l’arc-en-ciel . Il rêverait donc à une couleur qui n’existe pas !!
Tout le délire du départ est ainsi remis sur le tapis.

Le monde semble lui appartenir, il peut s’émerveiller d’un rien et ne pas éprouver la moindre émotion devant le plus grand des chef-d’œuvres. Les succès ne l’excitent pas. Il s’exhibent volontiers pour dire qu’il s’en va, qu’il commence un projet, qu’il cherche à atteindre la lune, mais ne prévient pas de son arrivée, d’ailleurs il n’arrive jamais : nomade dans ses envies, chagrin d’amour ambulant, vagabond sur des étoiles non éclairées……




Les routes pour lui sont toutes différentes, chacune inspire un nouveau départ. Il ne possède pas les cartes de celles qui mèneraient à Rome, tant d’humains les ont, telles des phrases qui se terminent alors que les siennes n’ont jamais de fin.


Il s’arrêterait peut-être un jour. Ses phrases trouveront une fin et on donnera un sens à sa vie !


Lui…il ne sera plus là, parti encore une fois.


Pour une dernière fois...?

Nous avons eu la chance de nous croiser virtuellement, il ne m'a pas reconnu, rapide il continuera son voyage et fera ainsi une déclaration d'amour à la nausée.

Anonyme a dit…

Un plan de voyageur... hésitant...nombriliste peut-être ou pédant!
Il ne termine jamais ses phrases.
Pourquoi voulez-vous qu’il les termine ?…Pour qu’elles aient un sens ??!
La fin n’a jamais généré de sens à quoique ce soit,

La fin est un arrêt frustrant.
La fin est un non sens.


Il n’a jamais cherché à tout terminer.
Ce qui le fascine, c’est de commencer.
Avant de se lancer, il y réfléchi, comme on réfléchi à un dur problème de mathématique ; met les atouts dans son camp, rassemble ce qu’il faut, doucement, sûrement et minutieusement pour le plus beau des départs. Le Départ !

Le reste importe peu ; et ce n’est pas une histoire de longue haleine. Il ne comprend pas lui-même son raisonnement, il ne cherche même pas à l’expliquer, il veut le vivre surtout, le vivre et jouir de tous les départs possibles et imaginables. Il leur trouve une excitation martienne, hors du commun. Un vécu qu’il est le seul à connaître, et qu’il pense revivre avec le départ suivant. Comme si dans sa tête, il voudrait prendre les commencements comme uniques et valable religion. La seule qui donne le droit à toutes les arrivées. Un départ non défini, ne permet-il pas d’aboutir à n’importe quelle destination, pourvu qu’on veuille bien arriver !? Mais ceci, c’est déjà une histoire qui ne l’intéresse pas.

Il ne regardera jamais au fond de vos yeux, sauf s’il vous a dans son sang. Il s’étonne déjà de ceux qui veulent tout comprendre, tout décortiquer, tout deviner en regardant les autres. Lui, avec son regard au fond de vous, il voudrait juste réussir à vous toucher ! Il souhaite laisser la liberté à chacun de pouvoir exprimer son propre fond. Une intimité que ne dévoilerait ni le regard, ni les écrits. Seules la langue et la bouche, par des mouvements sonores dictés du conscient, peuvent ainsi, dévoiler, dire ce que l’on veut. Le dire doucement, en articulant chaque syllabe, pour bien marquer son consentement à exprimer l’idée, le mot, la phrase, peut-être non terminée, du fin fond de sa conscience, pour commencer un débat, qu’il quitterait avant qu’il ne s’achève.

Le doute et l’incertitude, sont ses principaux toniques. Il y trouve matière au perfectionnement, l’essence pour revivre ses départs avec la même émotion, la même surprise de se voir partir et enfin le même rire d’enfant. Il aurait aimé ne jamais grandir pour rester dans le départ biologique, celui qui permet toutes les découvertes, celui qui peut aboutir à toutes les destinations humaines. Vous voyez, on revient déjà à la définition du départ non défini.

Sa vie jusqu’à présent, n’est qu’une quête de l’inaccessible. Ce qu’il n’a pas encore rencontré…il l’attend à chaque nouveau départ. Il s’échauffe rapidement pour un projet, il est certain d’être dans le vrais, d’être arrivé. Hélas, dès que commence la mise en forme du projet, la nostalgie du départ le surprend, au moment où il ne s’attend pas, au moment où il est en route vers une stabilité certaine. Comme si la seule évocation de cet état, lui remet dans son conscient, la laideur de la monotonie, fruit amer de cette stabilité retrouvée. Alors, le bateau s’arrête. Il marque un temps. Il cherche un nord sur sa boussole interne, le nord de ses désirs secrets. L’émotion, l’excitation et le rire d’enfant au moment des départs, l’appellent comme une drogue douce, chaude, apaisante et tumultueuse à la fois, et sans hésiter, il prend un autre billet et laisse tomber le sien dans le souvenirs des jours impossibles.

Personne ne peut le comprendre, personne ne le perçoit.
Il est seul.
On le croit entouré, comblé, n’ayant pas le temps de rêver.
Lui, il rêve plus qu’il ne vit.

Il rêve de rencontres. Il rêve de voyages qui ne finissent jamais. A la limite, il rêverait même à un port d’attache ! Il rêve de ne plus rentrer chez lui. Il rêve d’arrêter de se suffire à lui-même. Il rêve aussi des autres dans sa vie, des oiseaux dans son ciel et de dessins d’enfants sur les murs de sa rue. Il rêve aux champs d’oliviers quand il sort de sa ville, et de part et d’autres de toutes les routes qui ne mènent nul part. Il rêve surtout de ne plus avoir à se demander, si l’humain qu’il rencontre hors des agglomérations, est un frère ou un bourreau. Il rêve aussi à ce que la mort ne prenne jamais le départ : on se fait toujours beau pour partir et elle est trop laide pour se faire belle ! Il rêve d’une personne qui l’attendrait sans jamais se lasser. Il rêve d’amour impossible et de la possibilité d’aimer.

Il voudrait se confondre dans les couleurs de ses tableaux qu’il « accouche » au milieu de la nuit, parfois en deux temps trois mouvements, plus fatigants pourtant que ceux qu’il peint après mûre réflexion. Il aime surtout le vert, mais s’efforce cependant à peindre le bleu. Pour toucher les autres et leur permettre de voyager, en mille et un départs, dans les profondeurs de l’océan purificateur. Le grand bleu est sont plus grand projet, celui qui le guette en ce moment. Il y réfléchi, il rassemble ses pigments. Toutes les nuances sont sous ses yeux. Secrètement, il les admire, les caresse du regard, voit encore s’ils méritent qu’on s’attèle pour un nouveau départ.

Il ne connaît pas la peur de l’échec. Il ne peut jouir du succès qui peut, tel un traître, lui barrer la route et sonner dans son oreille, le tintement de l’arrivée : belle et inconsciente du temps qu’on met et des sacrifices qu’on laisse sur sa route, pour la toucher ! Il ne l’aime pas. Elle freine toutes les bonnes volontés de tous les bons départs. Elle ouvre le bal à toutes les compétitions, à tous les coups bats et à toutes les violations du permis pour une seule et unique raison….arriver.

Le bleu dont il rêve, serait alors le résultat d’une réconciliation entre couleurs chaudes et couleurs froides, entre le vert et toutes les couleurs de l’arc-en-ciel . Il rêverait donc à une couleur qui n’existe pas !!
Tout le délire du départ est ainsi remis sur le tapis.

Le monde semble lui appartenir, il peut s’émerveiller d’un rien et ne pas éprouver la moindre émotion devant le plus grand des chef-d’œuvres. Les succès ne l’excitent pas. Il s’exhibent volontiers pour dire qu’il s’en va, qu’il commence un projet, qu’il cherche à atteindre la lune, mais ne prévient pas de son arrivée, d’ailleurs il n’arrive jamais : nomade dans ses envies, chagrin d’amour ambulant, vagabond sur des étoiles non éclairées……




Les routes pour lui sont toutes différentes, chacune inspire un nouveau départ. Il ne possède pas les cartes de celles qui mèneraient à Rome, tant d’humains les ont, telles des phrases qui se terminent alors que les siennes n’ont jamais de fin.


Il s’arrêterait peut-être un jour. Ses phrases trouveront une fin et on donnera un sens à sa vie !


Lui…il ne sera plus là, parti encore une fois.


Pour une dernière fois...?

Nous avons eu la chance de se croiser virtuellement, il ne m'a pas reconnu, rapide il continuera son voyage et fera ainsi une déclaration d'amour à la nausée.

Ritoul a dit…

Merci d'avoir posé ce beau texte ici, sur mon petit blog!
ça meriterait plus de lecteurs que mes 3 amis!
mais ce n'est peut être qu'un depart....